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White teeth, Zadie Smith

White teeth, Zadie SmithLe roman avait beaucoup fait parler de lui à sa sortie, il y a bientôt dix ans, sans me donner envie de le lire. Je dois avoir un compte à régler avec les nouveautés. Freudien. Bref. Je vais à présent être en mesure de briller dans les salons avec le roman dont on parlait il y a dix ans, et c’est ça qui compte.

White teeth, ça raconte des histoires de dents, quoique assez peu, en fait. Surtout des histoires de famille, de secrets de famille, d’arbres généalogiques. De la difficulté qu’il y a à trouver une continuité dans l’immigration, des souffrances de la recherche d’identité, des religions que l’on  renie et de celles que l’on se choisit. Du manque de place, d’air, d’écoute, de sincérité. De secondes chances, de secondes générations.

Et pourtant, je n’ai pas aimé. En réalité, pire que ça, je me suis ennuyée, plus ou moins gravement, pendant quasiment toute ma lecture. Un peu la faute aux personnages, tellement inconséquents, de mauvaise foi, lâches et prétentieux. On peut difficilement reprocher à Zadie Smith de verser dans les bonnes intentions gentillettes: à croire qu’elle veut jouer à la grande cynique. Or je pense qu’une écrivain doit aimer ses personnages, même et surtout s’ils sont sales, bêtes et méchants. Si elle les méprise, comment peut-elle espérer que la lectrice s’y attache?

Oui mais l’histoire, me diras-tu? Les personnages ne font pas tout, une bonne histoire peut rattraper bien des défauts! Hélas, dans le genre de la fresque transgénérationnelle, cela fait longtemps que l’on fait bien mieux. Et l’auteur est tellement prévisible que tous les indices plantés pour préparer un retournement de situation quelques années plus tard sont immédiatement éventés. Il aurait fallu pour me surprendre que l’homme exécuté pendant la guerre soit bien mort, que Machine ne tombe pas amoureuse de Machin, etc. etc.

Et puis sur le dernier chapitre, alors que l’auteur tricote depuis des centaines de pages pour nous offrir un final apocalyptique (au moins!), la lectrice bien déçue n’a droit qu’à un pétard mouillé. Ce n’est pas forcément un hasard: cette galerie d’occasions ratées et d’espoirs déçus n’appelait peut-être rien d’autre. Mais enfin, c’est malgré tout une fin qui sent l’écurie. Bof.

Le bon côté, c’est que j’ai dû galérer sur l’argot de la VO, et j’aime assez être secouée dans mes automatismes de lecture. Et puis le livre, qui est très gros, est écrit tout petit: j’adore. Cela fait partie du contrat que j’ai passé, toute petite, avec les livres – à l’époque où je dévorais les livres de poche de ma mère. Ceci dit, j’aurais mieux faite de relire Guerre et paix