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Brooklyn Follies, Paul Auster

Brooklyn Follies, Paul AusterJ’ai longtemps pensé que les romans de Paul Auster n’étaient pas pour moi, pour des raisons vagues mais qui revenaient, en somme, à m’en faire une trop haute opinion. Et puis j’ai lu chez Hélène une note de lecture qui m’a décidée à tenter ma chance. D’autant qu’Hélène l’a lu en VO, dans une fort jolie édition qui donnait une image chaleureuse et gaie du roman – tout ce que ne fait pas (à tort) la superbe et classieuse couverture des éditions Actes Sud, qui n’est pas du tout dans l’esprit du roman, et ne m’aurait pas donné envie, comme ça toute seule.

De quoi ça parle? En quelques mots, des trajectoires croisées de personnages atypiques, à la recherche du bonheur. De leurs rencontres au cœur de Brooklyn, carrefour social et culturel. Et du bonheur qu’ils finissent par trouver, quoique qu’il ne ressemble pas beaucoup à l’idée qu’ils s’en faisaient, au sein d’une nouvelle tribu, véritable famille du cœur.

Cette lecture aura au moins eu le mérite de dynamiter les préjugés que j’avais à propos d’Auster: c’est extrêmement facile à lire, fluide,  tout rempli d’anecdotes et réflexions touchantes. Bref, certainement pas inaccessible. Cela dit, j’ai moyennement aimé. L’auteur en fait des tonnes pour dresser la galerie de portraits la plus originale et la plus émouvante possible. Il vante la culture, les livres, l’amour, tout ça. Mais cela m’a laissée curieusement froide, peut-être parce que j’ai lu ce roman trop tard, à une époque où ce genre de littérature, sans véritable enjeu, m’est indifférent.

Et puis le narrateur prend si souvent la peine de souligner à quel point ce qu’il raconte n’est pas banal, à quel point ce qu’il lui arrive ainsi qu’à sa famille d’adoption va nous surprendre, à quel point les personnages de ce roman sortent de l’ordinaire… que – mis à part le fait que je n’apprécie pas le fait que l’auteur me dise ce que je dois penser et préfère me faire une idée par moi-même –  finalement il crée des attentes qu’il ne peut que décevoir. En tous cas, qui m’ont déçue.

Tant pis. Cela ne veut pas dire que je ne lirai pas d’autres romans de Paul Auster, quand l’occasion se présentera, à un moment où j’aurai envie de légèreté. Peut-être.