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Les larmes étaient leur pardon, Marc Vassart

Voici un joli livre vert qui trainait depuis quelques mois sur mes étagères. Un cadeau, ou plutôt une récup de service de presse (parce que je connais des gens qui ont des relations, à défaut d’en avoir moi-même).  

Ce livre, donc, est édité par Le Navire en pleine Ville, dans la collection Sous le vent – soit, si j’ai bien tout compris, des bouquins d’aventure inédits écrits pour de grands ados. Pas sûr que tu connaisses cette maison d’édition – même si, une fois le nom entendu, il est difficile à oublier.

Bref, deux bonnes raisons de faire trainer ma lecture: je n’avais pas choisi le bouquin, et je regardais d’un oeil soupçonneux cette collection qui s’adresse spécifiquement aux ados (pour tout dire, en général, ça m’inquiète). En fait, il y avait une troisième raison pour trainer: je trouvais que le titre sonnait un peu biblique. Et puis une quatrième: a priori, le sujet ne m’intéressait pas. En fait, je n’en reviens toujours pas d’avoir fini par ouvrir ce bouquin.

Et maintenant, enfin, je t’en parle.

Les dugongs ont disparu depuis une dizaine d’années: chassés, massacrés, exterminés. Or, il se trouve qu’un laboratoire découvre grâce à un échantillon que leur foie pourrait, peut-être, probablement, entrer dans la composition d’un vaccin contre le sida. Du coup, pas question de laisser leur légende reposer en paix. S’il y a la moindre chance de réaliser ce vaccin, il y a un fric fabuleux à se faire (et accessoirement des vies à sauver, mais bon, les laboratoires ont un raisonnement bien à eux). Ce labo envoie donc sur la piste des derniers dugongs, en espérant qu’il ne soit pas trop tard, Chris l’aventurier (pas si débrouillard, d’ailleurs) et Amélie, la spécialiste de la question avant que celle-ci ne devienne, hélas, obsolète.

Des dugongs, je ne dévoile rien de vital en le révélant, il en reste. Deux. Mais ça, tu t’en doutais. Pour les trouver, c’est toute une aventure. De celles qui forgent les caractères et les convictions, qui rapprochent les compagnons de route, qui font ouvrir les yeux. Et c’est tant mieux, parce qu’au bout de la route, il y a une décision à prendre. Une décision difficile, lourde de conséquences. Que faire des derniers dugongs, miraculeusement épargnés? Les protéger, et protéger la biodiversité? Ou bien un vaccin pour sauver des millions de vies?

J’ai quelques réserves sur le style de l’auteur, parfois vraiment tarabiscoté, c’est vrai. Sur l’histoire, un peu poussive. Sur les digressions érudites mal intégrées aux péripéties du voyage. Ou encore sur les divagations mystico-bouddhistes qui parsèment péniblement le roman. Mais je reconnais à Marc Vassart l’immense mérite de poser une question véritablement éthique, et d’y répondre de façon claire et franche. Et, probablement, de se mettre à dos pas mal de monde – mais de toutes façons, la réponse, quelle qu’elle soit, était difficile. Bref, je lui reconnais l’immense mérite d’écrire un livre engagé, sur un sujet nécessaire (et pas forcément si courant).

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Les larmes étaient leur pardon, Marc Vassart
Le Navire en pleine Ville, 2007