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The Grifters (les Arnaqueurs), Stephen Frears

The Grifters de Stephen FrearsIl y a quelque temps déjà, Ekwerkwe nous avait part de sa lecture de The Grifters de Jim Thompson. Je reviens dans le bac à sable avec l’adaptation cinématographique de cette œuvre par Stephen Frears, qu’il réalisa dans la foulée des Liaisons dangereuses.

[Avertissement] Ce billet dévoile en détail les éléments de l’intrigue du roman et du film, si vous ne souhaitez pas en savoir davantage je vous conseille de lire plutôt le billet d’Ekwerkwe, et bien sûr de lire le roman avant de voir le film.

Stephen Frears, pour l’occasion, a réuni de très bons acteurs superbement dirigés: John Cusack (Roy Dillon), Anjelica Houston (Lilly Dillon) et Annette Bening (Myra Langtry, et non Moira comme dans le livre).

Split-screen

Le film commence sur un split-screen (on peut voir ici la signature du producteur, Martin Scorsese qui utilisa avec beaucoup d’adresse ce procédé dans le montage du film de Woodstock de Michael Wadleigh) où l’on voit simultanément Roy, Lilly et Myra, lunettes noires sur le nez, qui se dirigent vers leur lieu de « travail ». Ce parallèle établit d’emblée le lien apparent entre ces trois personnages : l’arnaque.

Le scénario et son découpage sont bien pensés d’autant que c’était un pari audacieux d’adapter ce roman: l’histoire privilégiait la psychologie au détriment de l’action et le film aurait pu être un peu mou, un peu linéaire. Aussi Wastlake, le scénariste, a retranché quelques scènes digressives qui aurait pu faire traîner en longueur le film. Si le spectateur est bien tenu en haleine, les lecteurs de Thompson seront eux un peu déçus: l’histoire avec Carol est expédiée (ce qui en fait un personnage de 3e ordre), Roy envisage seulement de trouver un vrai travail (alors qu’il est embauché dans le roman, ce qui en fait un réel projet de rédemption et non une simple intention) et l’histoire d’amour entre Myra et son fermier est entièrement revisitée (il faut dire qu’il y avait des zones d’ombres dans le livre, notamment sur les activités frauduleuses qu’ils menaient ensemble). Le film passe très rapidement sur le début du roman, et au bout d’un quart d’heure Roy est déjà sorti de l’hôpital. Le film se concentre donc à construire l’intrigue pour mieux la dénouer ce qui est somme toute l’efficacité que le spectateur attend d’un film noir.

Le film est sombre certes, mais je l’ai trouvé trop « propre », trop lisse par rapport au roman. Un exemple qui m’a frappé: les fluides. Dans le roman de Jim Thompson, les fluides corporels (vomi, sueur, urine, sang) apparaissent souvent comme un leitmotiv somatique qui, outre la manifestation des coups durs du milieu, souligne toute la crasse morale et psychologique qui recouvre les personnages. Ainsi Roy vomit plusieurs fois sa bile en abondance au début du roman (ce que ne fait pas John Cusack). C’est la conséquence bien sûr du coup de batte dans le ventre. Cette bile qui s’épanche c’est bien sûr sa vie en train de filer, mais c’est aussi l’expression d’un dégoût de sa propre existence, d’un mal-être plus profond et larvé (que l’on saisit mieux à la fin). Simple fantasme de purification ou désir de s’extirper soi-même de son corps, de s’évacuer soi-même par les flux corporels, les fluides ne sont pas simplement là pour servir de cliché à la noirceur mais sont porteurs de sens.

Étude comparée de scène.
Concernant les fluides, il y a une scène que j’ai trouvée assez ratée dans le film, c’est celle de la correction qu’inflige le bookmaker Bobo à Lilly.

Dans le roman: rappel.
Bobo demande à Lilly dans la voiture si elle a un pardessus pour rentrer chez elle. A sa réponse négative et apeurée (« Une douleur sourde lui serra les entrailles« ), il se propose de lui prêter le sien. Après avoir bousculé Lilly dans la chambre d’hôtel, Bobo prépare lui-même une serviette de bain qu’il garnit d’oranges comme pour un sac. Elle sait le but de sa manœuvre : ces oranges, sur la victime, « pouvaient produire un effet comparable à un lavement ou d’une douche de chaux vive« . Elle sait donc qu’avec cette punition, elle joue à pile ou face avec sa vie. Il se tient derrière elle et finalement laisse tomber les oranges. Il se « contente » seulement de la faire tomber par terre, de la chevaucher (histoire de montrer qui est le dominant) et de lui brûler la main avec une cigarette.

« Un ailleurs infini, une infernale éternité. Aucune issue. Aucune rémission. Elle ne pouvait hurler. Il était impensable même de gémir. La vie était dure, fallait tout endurer. Il n’y eut qu’un répit possible, surgi du plus profond de sa propre petite personne. Bouillante, l’eau jaillit de ses entrailles, se déversant en un flot ininterrompu.« 

Elle s’éponge grossièrement dans la salle de bain, « l’imperméable cacherait les vêtements souillés. » Il discute ensuite sereinement, comme si de rien était. Il lui demande si elle lui pique beaucoup de fric. Elle a l’intelligence de ne pas nier mais minimise les sommes en soulignant qu’en veillant au grain pour elle-même c’est comme si elle le faisait pour lui. Sitôt la conversation finie, elle prend congé, enfile le pardessus et s’en va. « Un peu d’urine lui coula le long des jambes, elle en ressentit une démangeaison, un léger picotement ainsi qu’une moiteur désagréable dans les chaussures« . A peine rentrée à la maison, elle se hâte d’aller à la salle de bain en se déshabillant.

« Elle s’y enferma, s’agenouilla et s’inclina au-dessus de la cuvette des WC comme devant un autel, son corps tout entier fut alors secoué par un profond sanglot. En proie à l’hystérie, pleurant et riant à la fois, elle se mit alors à vomir« .

Dans le film.
Bobo l’emmène chez lui. Il l’a fait entrer dans une chambre, et après lui avoir donné un coup de poing, il lui demande d’aller chercher une serviette. Il allume un gros cigare et lui demande de mettre les oranges dans la serviette et de raconter le « coup des oranges ». Lilly s’exécute, elle le lui explique tout en bégayant de manière convulsive, sans pouvoir finir, tétanisée par la peur. Il lui demande ensuite d’apporter la serviette (scène lente où sa caméra suit la serviette). Il lui fait juste peur de face en criant et en lâchant la serviette. Il l’a fait tomber, la chevauche et lui brûle la main avec son gros cigare tandis qu’elle hurle. Puis se relevant, il lui dit : « Allez relève-toi, vas-te nettoyer [la main], l’imper est sur le meuble« . Elle réapparaît en portant l’imper sur sa terrasse pendant qu’il gobe le jus d’une orange en la pressant de ses deux mains (un peu facile comme image). Ils discutent puis elle s’en va et la scène s’arrête ici.

La difficulté dans cette scène est d’expliquer au spectateur l’effet que peut produire les oranges sur leur victime. Cette explication est absolument nécessaire au suspens : Lilly ne risque pas simplement d’être rossée, elle peut y laisser la peau. Dans le livre cette explication était implicitement donnée à travers un discours indirect libre qui explorait les pensées de Lilly. Dans le film, c’est Bobo qui l’oblige à expliquer tout en lui faisant préparer son propre instrument de torture. Ce procédé est assez proche de celui du livre et même accroît la tension dramatique. Ce qui ne va pas avec la psychologie du personnage, je trouve, c’est que Lilly laisse éclater sa peur pendant son explication. Dans le roman, elle a peur mais tâche de n’en rien faire paraître : il ne faut pas faire aveu de faiblesse quand le chien s’apprête à vous mordre, aussi elle sait qu’elle ne peut même pas gémir. Elle retient tout ce qu’elle peut avec un certain stoïcisme: « La vie était dure, fallait tout endurer« . Cette urine qui se répand, c’est la peur retenue qui se déverse quand elle ne peut plus être contenue, quand le corps cède alors que l’esprit lutte toujours pour résister. Cette miction alors salvatrice, tout comme les pleurs et le vomi dans la cuvette des toilettes, c’est une manière à eux se prouver que l’esprit est plus fort que le corps. Frears fait tout autrement, ce qui modifie énormément la psychologie de Lilly : il décale l’instant de la peur avant et pendant l’action punitive. Et une fois la punition passée elle semble soulagée. Ce qui conduit d’ailleurs à une incohérence dans le script. Dans le roman, Bobo lui propose l’imperméable dans l’idée d’accréditer sa mise en scène avec les oranges, une manière de faire croire qu’il va vraiment passer à l’acte, qu’il va mettre la vie de Lilly dans une balance. Ce qu’il ne fait pas en se contentant simplement de l’effrayer en lui montrant de quelle extrêmité il est capable pour sauvegarder ses intérêts. Elle part tout de même avec son imper pour cacher son pantalon auréolé. D’une certaine manière Bobo participe implicitement à l’aider à cacher sa peur, à la corriger sans trop l’affaiblir, il la traite comme une bête mais lui permet de retourner chez elle en conservant sa dignité. Dans le film on peut se demander alors pourquoi elle revêt cet imper : elle n’a ni blessure, ni pantalon auréolé, rien à cacher… Dans la logique de la mise en scène elle n’aurait pas dû partir avec le pardessus.

Dernière discussion entre Lilly et Roy

D’une manière générale Frears a prêté un peu plus de sentiments, plus de faiblesses que les personnages semblent en avoir dans le livre. La scène finale dans le film m’a un peu déçu car Lilly s’attarde longuement à exprimer sa douleur sur le corps agonisant de Roy, elle rassemble enfin l’argent, passe dans la cuisine pour se rafraîchir puis s’en va toujours en sanglotant. Dans la scène suivante on voit sa silhouette dans l’ascenseur qui descend puis en sortant on voit son visage impassible et froid.

Pour rappel dans le roman elle est d’abord « ébahie » et « sidérée« , puis tout lui semble clair, elle calcule que la police pensera qu’il venait d’être tué par Moira, ensuite elle sanglote sans retenue mais cela ne dure pas puis elle se met à rire en se moquant de « cette chose qui gisait à ses pied« ).

Cette exagération des émotions de Lilly dans le film vise avant tout à provoquer de l’empathie chez le spectateur (la tragédie d’une mère qui vient de perdre son fils par sa faute) alors que le roman justement termine sur une absence d’empathie de cette mère pour son fils et du lecteur pour Lilly. L’amoralité, la noirceur du roman vient en grande partie de la froideur calculatrice, de la posture cynique de cette femme qui n’est même plus une mère, même plus une femme, qui est tout juste une morte vivante.

La descente de l'ascenseur

Après coup je me dis qu’il aurait mieux valu que le scénario soit confié à David Lynch qui, je pense, aurait conservé du roman cette noirceur de l’âme.

J’ai « l’air » de ne pas avoir aimé le film mais c’est totalement faux. C’est un très bon film, avec une belle photo, un bon scénario, une bonne mise en scène, des acteurs au meilleur de leur forme… Les adaptations, qui sont une lecture subjective d’une œuvre, prêtent plus facilement le flan aux critiques qui ne peuvent s’empêcher de les comparer avec les œuvres dont elles sont issues, alors qu’il faudrait juste les voir comme des œuvres nouvelles… Je n’ai hélas pas échappé à cet écueil.

Sébastien.

Défi « Le nom de la Rose »

La vérité, c’est que je n’ai pas décidé de le relever, ce défi. En fait, je l’ai fait malgré moi… Surtout, c’était l’occasion de dire quelques mots sur quelques livres, dont je n’ai pas eu l’occasion de parler ici, puisque je les ai lus avant de rouvrir le nid.

Ce défi, initié par Grominou, c’est facile comme tout: un an pour lire six livres, choisis en fonction de leurs titres, qui doivent contenir: une couleur, un animal, une plante, un phénomène météorologique, un lieu, et un prénom.

Quitte à valider le défi a posteriori, j’ai préféré choisir, dans la mesure où la contrainte m’en laissait la possibilité, des livres que j’avais bien aimés (au moins).

La mariée était en NOIR, William Irish

Je suis, il faut le reconnaître, une inconditionnelle de William Irish. J’aime ses romans aux intrigues improbables, emberlificotées, et délicieusement romantiques. Ce sont de curieux mélanges, à la limite du roman sentimental noir – ou du roman noir sentimental, peut-être. Ce roman-ci est un peu différent: amour, meurtre, vengeance… s’il y a un amoureux perdu, et un autre, fasciné, qui en oublie son enquête, le roman s’attache surtout à la mystérieuse et fatale femme en noir qui tue avec tant d’inventivité, et ne laisse pas d’espoir quant à une fin heureuse.

Le LEZARD lubrique de Melancholy Cove, Christopher Moore

Mon premier Christopher Moore, et je ne voudrais pas avoir commencé par un autre: un roman très joyeusement dingue, qui emmêle les genres avec bonheur, et promène la lectrice, hilare, sur les traces d’un catastrophique monstre qui sème la pagaille dans la petite ville (trop?) paisible de Melancholy Cove. Curieusement (mais peut-être pas tant que ça, finalement), le chaos redistribue les cartes, et les pathétiques perdants qui trainaient leur blues en ville y trouvent l’occasion de se lancer dans des défis inattendus.

JEAN de Florette & MANON des sources, Marcel Pagnol

Perdus dans leurs collines écrasées de soleil, des paysans avares, murés dans la loi du silence, regardent un homme, un « étranger » venu du village voisin, mourir à la tâche pour réaliser ses projets grandioses de citadin revenu à la nature. La vraie richesse de ces collines, c’est l’eau: rare, fuyante, convoitée – et celui qui n’en a pas est condamné. D’une vengeance à l’autre, chacun est tour à tour victime et bourreau, et le regard que Pagnol pose sur ses personnages est un miracle d’humanisme: il remonte aux origines, futiles et fatales, d’un drame qui aura mis plusieurs générations à s’accomplir – et peint, sans le moindre manichéisme, des monstres ordinaires impossibles à haïr.

Offert par Victor (merci!), ce dyptique m’a permis de redécouvrir Marcel Pagnol, un écrivain qui, caché derrière ses films et l’accent provençal de ses personnages, fait figure de petite gloire locale et en est copieusement méprisé. C’est fort dommage. L’eau des collines est une véritable tragédie, complexe, tissée de drames emboîtés qui se répondent d’un bout à l’autre de deux livres magnifiquement écrits.

Deuil dans le COTON, Jim Thompson

Un Thompson exceptionnellement positif: j’ai failli en être déçue… Un amour contrarié, le racisme grand teint du sud, un meurtre: tout accuse Tom Carver d’avoir tué le père de sa petite amie. Sauf que ce n’est pas lui le meurtrier. Alors, qui? L’enquête est l’occasion de plonger au coeur sombre et malsain de la société « sudiste ». Un constat écoeuré, qui fait pourtant une jolie concession romantique aux jeunes héros du roman: comme quoi, tout espoir n’est pas perdu.

RAINBOWS End, Vernor Vinge

Une grande plongée en science-fiction… Un poète atteint de la maladie d’Alzheimer se réveille, dans un futur proche, guéri et rajeuni grâce aux fabuleuses avancées de la médecine. Il a l’âge physique de sa petite fille: tout a changé, tout est à apprendre. La plus belle invention (prémonition?) de ce roman est, pour moi, les vêtements très spéciaux qui permettent à ceux qui les portent de se passer de tout autre support informatique. Communiquer, faire une recherche, modifier les paramètres sensoriels de son environnement: tout est littéralement « sous la main », instantanément. Et puis, au coeur d’une intrigue somme toute classique, se nichent deux perles d’humour qui m’ont littéralement enchantée: un mystérieux lapin qui fait un grand clin d’oeil à Alice, et une réappropriation du monde des bibliothèques maligne et intelligente. Je n’en dis pas plus, je m’en voudrais de gâcher la surprise.

Pêcheur d’ISLANDE, Pierre Loti

Un triangle amoureux pour une histoire pas si simple: un beau marin taciturne; une jeune fille fière et courageuse; la mer, nourricière et fatale. Cette dernière régit la vie des Islandais, ces pêcheurs bretons qui partent pendant des mois au large de l’Islande et, parfois, ne reviennent pas. Et elle régit aussi, comme une rivale qu’on ne peut haïr, la vie des femmes qui restent à quai. Cela faisait longtemps que je voulais relire ce roman, lu très jeune, et dont j’avais gardé un souvenir anecdotique mais frappant. A la relecture, je comprends mieux pourquoi: c’est une suite de tableaux terribles et touchants… Et, si je suis restée un peu en retrait de l’histoire, j’en conserve des images incroyables, que je ne peux rattacher à aucune autre expérience de lecture. Un roman unique, donc.

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Ce défi est la version française du challenge « What’s in a name » d’Annie. Elle vient de lancer un deuxième défi, que je vais relever, cette fois.

Ma liste (provisoire, bien sûr):

1. A book with a « profession » in its title.
   Le voleur, Georges Darien

2. A book with a « time of day » in its title.

3. A book with a « relative » in its title.
    La tante Julia et le scribouillard, Mario Vargas Llosa

4. A book with a « body part » in its title 
    Le talon de fer, Jack London

5. A book with a « building » in its title.
    Putain d’usine, Jean-Pierre Levaray

6. A book with a « medical condition » in its title.

The grifters, Jim Thompson

Un arnaqueur à la petite semaine mais aux dents longues, Roy Dillon, encaisse un sale coup – parce qu’on ne peut toujours gagner. Le voilà à l’hôpital, entouré des trois visages qui bornent son paysage sentimental. Sa mère, Lilly. Sa maîtresse, Moira. Son infirmière, Carole.

Tour à tour arnaqueurs et arnaqués pris à leur propre piège, ils jouent à de drôles de chaises musicales, où l’on ne sait plus trop, au bout d’un moment, s’ils jouent pour l’argent ou pour l’amour. Pour la haine, aussi, peut-être. Les innocents seront sacrifiés – les autres aussi.

Très noir et parfaitement immoral, ce roman est, lui aussi, hanté par le spectre de l’inceste – avec une subtilité que les peu crédibles caricatures de James M. Cain pourraient lui envier. Car Thompson excelle, une fois de plus, au jeu du portrait ambigu: Lilly Dillon, glaciale et torturée, odieuse et attachante, est un grand personnage de roman noir.

The grifters n’est pas, à mon sens, le meilleur roman de Jim Thompson. L’action est un peu trop sacrifiée à la psychologie pour cela. N’empêche, il fait partie de ses romans à lire, absolument.

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The grifters, Jim Thompson
Orion, 2005
copyright 1963 by  Jim Thompson

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Un peu plus loin dans les brindilles du nid, Sébastien a écrit un billet sur l’adaptation ciné par Stephen Frears.