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Etoiles mortes, Jean-Claude Dunyach

Etoiles mortes, Jean-Claude DunyachTu te souviens peut-être que j’avais adoré Etoiles mourantes, d’Ayerdhal et Dunyach. Adoré, rangé directement dans la BI. Et je m’étais promis d’aller un peu plus loin dans l’oeuvre de ces deux auteurs. Et puis… j’ai traîné, comme d’habitude, et j’ai attendu que la chance décide à ma place. Pfff.

Chronologiquement et illogiquement, Etoiles mortes (du seul Dunyach) a été écrit et se passe (bien) avant Etoiles mourantes. Et le roman met en place un monde si intéressant que, si j’ai bien compris, c’est ce qui a donné envie à Ayerdhal, plus tard, de proposer une collaboration à Dunyach. Et je le comprends, parce qu’on n’a qu’une envie, en lisant ce roman: se faire une petite place dans ce(s) monde(s). Sauf que je suis bien contente, finalement, d’avoir commencé (dans ma crasse ignorance) par Etoiles mourantes, parce que je ne sais pas si, sans cela, j’aurais bien compris de quoi il s’agissait.

Qu’est-ce qui est donc si difficile à comprendre, me demanderas-tu? Eh bien… un peu tout. Les AnimauxVilles, par exemple. Des villes de chair, de peau, de vaisseaux sanguins… Des corps ô combien étrangers venus de l’espace, chacun ayant sa vie, sa personnalité, ses particularités physiques, ses sentiments, ses émotions… comme une vraie personne. Les liens qui existent entre les villes, la trame qui permet de voyager instantanément de l’une à l’autre. Les hommes qui les habitent, et qui ont un double dans chaque ville, pour permettre ces échanges. Et puis ceux qui coexistent dans toutes les villes à la fois. Et les Aléateurs, cette caste étrange qui communique intimement avec les AnimauxVilles. Et…

Ça y est, je sens que tu es perdu. Et puis de toutes façons j’ai honte: je ne peux vraiment pas te décrire ce monde-là. C’est trop vaste, trop complexe, trop hors-normes. Trop beau, aussi, pour que j’y arrive. Alors en attendant que tu lises le livre, je vais simplement dire quelques mots de l’histoire. Qui est une vraie histoire, pleine d’amour, d’aventure, de mystère, de rebondissements. Avec un héros créateur d’équilibres, Closter, qui perd ses souvenirs à chaque « échange ». Qui a un chat noir, Ombre. Et qui rencontre une aléatrice dématérialisée, une « astrale » à la recherche de son corps, Marika.

Zut, je t’ai perdu à nouveau. Alors disons simplement qu’il y a trois personnages principaux: un artiste, une sorte de « prêtresse » des AnimauxVilles, et un chat. Un chat noir, malin, courageux et adorable. Là, on est en territoire connu, au moins. Et ces trois-là vont voyager d’une ville à l’autre, poursuivis par un tueur multiple forcément mystérieux, tomber amoureux, se disputer souvent, s’apprendre, et découvrir bien des secrets, jusqu’au coeur-même des AnimauxVilles.

Et tout ça, ça fait un grand roman palpitant, un peu confus souvent, et volontiers lyrique, mais indéniablement beau et émouvant. Dans lequel j’ai voyagé avec délices.

Ces Etoiles mortes sont suivies d’une seconde partie, Voleurs de silence. Quelques années après leur premier affrontement, Closter croise à nouveau son vieil ennemi le tueur. Combat un peu inhabituel, qui passe par les dernières créations de l’artise, les Onyrines. Des rêves incarnés qui absorbent littéralement ceux qui veulent les admirer. Et autant d’occasions d’enchâsser des nouvelles de grande science-fiction, teintées de fantastique, dans le récit qui ne leur sert finalement, et c’est sa regrettable limite, que de cadre. En fait, je suppose que l’auteur voulait vraiment en faire les étapes d’un parcours, d’une révélation. Tout en saisissant l’intention, le résultat m’est un peu passé au-dessus de la tête. Restent des nouvelles étranges, morbides, pleines de malaise. Et une apothéose finale qui ma laissée bavante d’admiration (à défaut d’en avoir compris la clef).

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