Archives de Tag: Elmore Leonard

# Lectrices #

  

         ‘ Is your book any good ? ’
         ‘ It’s different. ’
         ‘ Good and dirty ? ’
         ‘ Dirty enough. ’
         ‘ Then why don’t you read it ? ’
         ‘ And shut the fuck up. ’
         ‘ Right, ’ Renda said, ‘ and shut the fuck up. ’

Elmore Leonard, Mr Majestyk      

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Mr Majestyk, Elmore Leonard

Vincent Majestyk cultive des melons. Il lui reste une semaine pour engranger et vendre sa récolte, avant la ruine: difficile, mais faisable. Sauf qu’un voyou qui joue au grand méchant s’en mêle, et la tentative d’intimidation se complique à toute vitesse. Prison, évasion, libération, et un tueur aux trousses. Un vrai, qui veut sa peau à n’importe quel prix. Un tueur qui n’a pas bien pris la mesure du bouseux auquel il a affaire: Majestik a peut-être les bottes crottées, mais il a de la ressource. Et un atout inattendu: Nancy Chavez, une ramasseuse de melons syndicaliste qui oublie d’avoir peur. De quoi écrire quelques pages haletantes…

Mon premier Elmore Leonard, l’auteur qu’il faut avoir lu, paraît-il. Oui, non, peut-être. D’accord, ça va à toute vitesse, c’est plein de rebondissements, d’accord je suis restée scotchée jusqu’à en avoir fini. Mais je m’attendais, dans une situation plutôt attendue (plouc vs tueur à gages, ce n’est pas non plus strictement original), je m’attendais donc à quelque chose de plus sombre, et surtout à un sous-texte plus percutant.

Alors c’est vrai, c’est efficacement écrit, et j’y ai trouvé quelques passages très beaux, très justes (surtout dans les premières pages) sur le système d’exploitation agricole (voire d’exploitation tout court) – Chicanos et pauvres loués par des recruteurs, embauchés à la journée. Et des syndicalistes itinérants qui aident, de ferme en ferme, la main-d’oeuvre à s’organiser, il n’y en a pas plein les pages des romans américains – surtout présentés de façon aussi idéale que Nancy.

Cela dit, c’est un aspect à peine survolé: ce qui compte, c’est l’action. Si tu aimes, ça tombe bien, y’en a plein. Mais sinon, j’ai trouvé que ça tournait un peu à vide.