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The man in the brown suit, Agatha Christie

The man in the brown suit, Agatha ChristieToi qui lis régulièrement ce blog, tu sais que j’ai une faiblesse maladive pour  les romans d’Agatha Christie, que je relis extrêmement souvent (parce que je les ai déjà tous lus au moins une fois, pauvre de moi). Un rien suffit à réveiller l’envie: cette fois, ce fut un billet d’Erzebeth, fort bien fait ma foi. Et par chance, même si je suis encore loin d’avoir dans la bibliothèque les œuvres complètes de l’auteur, il se trouvait que j’avais The man in the brown suit. Que j’ai déjà lu je ne sais combien de fois d’ailleurs, mais c’est une constante: je ne me souviens jamais, mais alors jamais du coupable, quel que soit l’AG que je relis. Je ne peux que supposer qu’un mécanisme inconscient me fait tout oublier sitôt le livre refermé, pour pouvoir le reprendre sans remords dès que j’en aurai envie. Bref.

Le trait le plus séduisant de ce roman-ci est probablement qu’Agatha Christie s’intéresse, pour une fois, moins à son intrigue tarabiscotée qu’à construire un roman plein d’humour et de fantaisie, et d’un romantisme échevelé. Pas qu’elle renonce à ses crimes, soupçons emberlificotés et coups de théâtre, non. Mais clairement, elle écrit un roman d’aventure, un parcours initiatique, éclairé d’une pointe de folie. Lectrice et personnages sont emportés par l’élan qui anime Anne, l’héroïne, par son insouciance, sa vivacité.

Si vous voulez une vraie note de lecture, lisez celle d’Erzébeth. Moi, je voulais simplement dire, très officiellement, que j’avais adoré.

Dumb witness, Agatha Christie

Parfois, j’ai juste envie de me glisser dans de vieilles et forcément confortables pantoufles. Dans ces moments-là, j’erre comme une âme en peine dans ma bibliothèque, et je finis généralement par attraper un Agatha Christie, celui dont je me souviens le moins bien (c’est l’avantage de les confondre tous un peu, à force), et je me plonge avec délices dans son mécanisme bien rôdé.

Une vieille tante (riche sinon ça ne compte pas), un neveu et deux nièces criminellement égoïstes et avides et fauchés (sinon on n’y croit pas), une dame de compagnie qui hérite du pactole (sinon on n’en parle pas), un chien et sa balle (et ça c’est plus original)… Hercule Poirot reçoit une lettre étrange, bien après la mort de celle qui la lui a écrite: ses petites cellules grises en sont délicieusement émoustillées. Et en bon obsessionnel, il n’aura de cesse de remettre de l’ordre et de la logique là où d’autres, comme Hastings le faire-valoir ou ekwerkwe la lectrice auraient laissé courir un assassin en toute bonne foi.

Ce doit être pour ça que j’aime tant lire les Agatha Christie, là où d’autres se lassent vite: je tombe toujours dans les pièges les plus grossiers, victime de mes redoutables a priori et de ma grande paresse. A défaut de leur trouver des qualités littéraires, et hormis le plaisir de laisser l’auteur exposer la belle mécanique de son crime, je crois que les Agatha Christie m’obligent au moins régulièrement à secouer des idées toutes faites et bien poussiéreuses: nonnonnon, ce ne sont pas les apparences qui comptent, ni ce que l’on peut dire et vouloir montrer…