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Point Oméga, Van Vogt et Schmitz

En fouillant dans mes cartons de livres je suis tombé par hasard sur cette revue SF de juillet 1966 intitulée Galaxie. Le nom familier de Van Vogt figurant sur la couverture, l’idée de pouvoir ramener une pépite d’un autre temps dans le nid finirent par me convaincre de lire la première nouvelle…

Point Oméga (titre repris plus je pense tard sous le nom Alpha et Oméga, un recueil de nouvelles publié chez Masque SF) est un court roman – ou une longue nouvelle, la frontière est ténue –  écrit à quatre mains par A.E. Van Vogt et James H. Schmitz en 1965 (quinze ans après le succès d’A la poursuite des Slans) sous le titre Research Alpha, 1965.

Le Dr. Gloge, un scientifique du Centre de Recherche Alpha, travaille sur la « Stimulation Point Oméga », un projet visant à augmenter de façon très accélérée le processus d’évolution d’une espèce. Ses travaux d’expérimentation sur les animaux se révèlent être un désastre. Pensant que cet échec est lié à la nature primitive du cerveau de ses cobayes, il décide en secret d’expérimenter son sérum sur deux sujets humains, Barbara et Vince, qui travaillent au centre.

Le récit s’applique à retracer l’évolution de cette expérience en focalisant sur la personne de Barbara. John Hammond, l’assistant du directeur pour lequel elle travaille, découvre rapidement le pot au rose et tente de mettre fin à l’expérience. Mais Barbara, consciente d’être le cobaye du Dr. Gloge, met tout en œuvre pour qu’il poursuive son expérience. Barbara, au fil des injections, acquiert d’étranges pouvoirs mentaux (la télépathie, le contrôle et la projection mentale, etc. ) qui vont lui révéler petit à petit ce qu’elle ignorait jusqu’à présent. On apprend avec elle que des extraterrestres, dont Hamond et son assistante Helen sont des agents, ont « ensemencé » notre planète afin de contenir l’évolution de l’espèce humaine pour s’assurer qu’elle ne leur portera jamais ombrage technologiquement. La fin du roman est une course poursuite dont les enjeux s’avèrent très rapidement cosmiques.

Le dénouement, une sorte de pirouette d’auteur un peu facile (mais l’était-elle en 65 ?), m’a déçu. Certains passages m’ont paru vraiment confus au regard, par exemple, de la clarté des explications « scientifiques » sur le point Oméga. J’ai trouvé cependant quelques bonnes idées de mise en scène, un rythme varié dans le déroulement des événements.

Je pense que le format étriqué de la nouvelle a desservit ce scénario dont la complexité méritait sans doute un peu d’épaisseur pour emporter l’adhésion du lecteur.

En me penchant par la suite sur la biographie de Van Vogt et notamment sur sa relation consommée avec la Dianétique et son fondateur, Ron Hubbard, je n’ai pu m’empêcher de percevoir en filigrane et de manière maladroite un fond idéologique teinté de prosélytisme, ce qui laisse évidemment un arrière goût amer à la lecture.

Grande déception, car en trouvant ce petit opuscule j’espérais vraiment amener un truc sympa dans le nid. Pour ma peine, je ferai un billet sur son premier roman, A la poursuite des Slans, que j’avais beaucoup aimé.

Sébastien,
Découvreur de pépites… en chocolat.

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