Jack Mongoly, Guillaume Nicloux

Jack Mongoly, Guillaume NiclouxÀ une époque de ma vie où j’allais beaucoup au cinéma, j’avais vu, bien par hasard d’ailleurs, Une affaire privée de Guillaume Nicloux. C’était merveilleusement glauque et retors. J’avais adoré. J’avais appris ensuite qu’il était écrivain. Enfin, qu’il était aussi écrivain. Certaines personnes sont douées. Mais comme le hasard guide mes lectures, il m’a fallu attendre toutes ces années avant de poursuivre l’expérience.

Il m’est arrivé une ou deux fois de lessiver le parquet. Je n’ai jamais lavé les rideaux et je vide mes cendriers une fois par semaine. J’ai une bouteille de rhum sous le bureau et une revue pornographique dans le premier tiroir de droite. J’ai trouvé ça drôle au début.

J’ai choisi la vie que je mène et mon seul souhait est de rester libre. Travailler quand j’en ai envie. Parfois j’aimerais rester au lit toute la matinée, ne rien faire pendant une journée entière. J’ai pas de temps à perdre, j’en ai pas non plus à gagner. J’ai pas d’autre ambition que vivre simplement. Je ne regrette pas mes six années d’études supérieures en ornithologie et ethnographie des peuples et civilisations d’Amérique du Nord.

Jack Rudy-Bill a bientôt la quarantaine. Il est inscrit dans une agence matrimoniale. Il a quelques amis, un peu vagues, quelques habitudes. Il est seul. Il est détective privé. Pas débordé de travail. Et il doit retrouver une jeune fille, Vicky, 22 ans, trisomique. Évaporée, peut-être.

Une disparition, un privé, une enquête: ne t’y fie pas, ceci n’est pas un roman policier. Pas même un roman noir. C’est une errance pleine de questions, hallucinée, de plus en plus à mesure que l’enquête n’avance pas, s’embrouille, que les explications plausibles se perdent. Un « polar métaphysique » dit l’éditeur. S’il y tient. De toutes façons, ça ne veut pas dire grand chose. La lectrice, elle, se laisse porter. Peut-être parce que tout ceci a un effet vaguement hypnotique. Peut-être aussi parce que l’écriture de Guillaume Nicloux, sèche, détachée, la fascine bizarrement. Elle n’établit pas de distinction claire entre action et réflexion, observation et fantasme.

Est-ce un bon roman? Non, à mon avis, non. Trop confus pour cela – et c’est d’autant plus surprenant que je connaissais une toute autre facette de l’auteur. Et pourtant, il a un grand charme, peut-être parce qu’il est si déroutant. Je lirai d’autres romans de Nicloux. Dans quelques années, probablement…

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