Roseanna, Maj Sjöwall & Per Wahlöö

Roseanna, Maj Sjöwall & Per WahlööFortement encouragée par mon libraire de polars, d’autant que la réédition de la série chez Rivages bénéficie d’une révision de traduction à partir de l’original suédois (comprendre, la première édition était traduite de la traduction anglaise), je me suis attaquée au polar suédois… des années 60/70. Tant pis pour les nouveautés.

Dans un canal de la petite ville de Motala, une jeune femme est retrouvée au fond de l’eau, torturée et étranglée. Pour aider la police locale, l’inspecteur Martin Beck et son équipe de la criminelle de Stockholm sont envoyés en renfort. En vain. L’enquête piétine, l’identité de l’inconnue reste totalement opaque. Pendant des mois, deux hommes, deux enquêteurs se laissent dévorer par ce mystère, par la tristesse de ce meurtre, par leur rage impuissante à appréhender l’assassin.
Fatigue, cafés, aigreurs d’estomac…
Disputes conjugales, heures supplémentaires, désespoir discret…
Chambres d’hôtel impersonnelles, coups de fils tard dans la nuit, allers-retours capitale/province…
Tout est gris, froid, vaguement déprimant. Il faut remonter à l’été du meurtre pour trouver un peu de soleil, un peu de joie, un peu de vivacité – ternis, a posteriori, par l’échéance fatale.

Ceci est un roman policier. Le mystère sera résolu, l’identité de la victime sera dévoilée, l’assassin sera arrêté. Là n’est pas l’intérêt, bien sûr. Roseanna est le premier d’une série de dix romans policiers, ayant tous pour héros l’inspecteur Martin Beck et son équipe: des hommes dont la série suivra l’évolution, loin des héros récurrents monolithiques habituels (surtout à cette époque). En tous cas, c’est ce que m’a promis le libraire. Et pour l’instant, c’est bien parti. Avec un premier tome atypique, très lent, stagnant dans une enquête qui ne se décide pas à démarrer. Avec pour personnages principaux non des héros mais des hommes très ordinaires, qui cristalisent sur la mystérieuse et inaccessible Roseanna les souffrances de leurs vies engluées dans les frustrations quotidiennes. Bref, peut-être pas un grand roman policier, mais un bon début.

5 réponses à “Roseanna, Maj Sjöwall & Per Wahlöö

  1. Je l’ai lu il n’y a pas longtemps (dans la première traduction) et j’ai beaucoup aimé cette lenteur, avec ces « hommes ordinaires », loin du spectaculaire. J’ai trouvé le livre « honnête », humain, sans voyeurisme malsain. Alors tant mieux s’il est réédité, dans une meilleure traduction, j’avais justement envie de lire la suite !

  2. > Canthilde

    L’une des différences majeures, d’une traduction à l’autre, est le passage du vouvoiement au tutoiement. J’imagine que ça doit pas mal changer l’atmosphère…

  3. Une excellente série policière, qui a inspiré de nombreux auteurs, notamment nordiques. Les éditions Rivages sont en train de les rééditer, dans une nouvelle traduction. Les 5ème et 6ème doivent paraitre en février.
    Je ne les ai pas tous lus, mais L’homme au balcon est très bon, meilleur que Roseanna.

  4. > jeanjean

    Bienvenue par ici.
    Je compte bien en effet lire la série dans cette nouvelle traduction. Ça prendra donc un peu plus de temps, puisqu’il faudra tout acheter (la bibliothèque n’a que la première édition).
    Il faut paraît-il s’en tenir strictement à l’ordre chronologique, d’autant que les personnages évoluent au moins autant que l’engagement des auteurs: les derniers sont des polars beaucoup plus sociaux et politiques – ce qui me va très bien!

  5. J’avais décidé de lire tout le cycle en achetant les 10/18 en occasion, donc dans le désordre. J’étais loin d’être enthousiaste. Pourtant, quand j’ai lu Roseanna, en dernier, j’ai beaucoup apprécié !

    C’est lent, méticuleux, exhaustif mais sans exagération (au moins dans Roseanna).
    Ceci dit, le caractère très inhabituel des noms des personnages récurrents ne facilite pas la mémorisation de leur profil psychologique.

    Cependant, il y a une incohérence dans ce roman : alors que l’autopsie montre que Roseanna a été violée, lors des aveux de l’assassin, il n’y a pas de place logique pour ce viol. Et il n’y en a pas plus dans la tentative de meurtre de Sonia d’ailleurs …

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